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nov 20
2009
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Dés l'aubePosté par denis in peinture, myblog, ecriture, artiste peintre |
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Dernière création 2009

Le modèle
Quand elle lui apparut, sa longue chevelure en bataille venant flotter sur ses frêles épaules lui donna l’impression qu’une brise printanière emplissait l’atelier. Avec la même délicatesse qu’elle avait eu pour se démunir des derniers effets qui masquaient encore un peu son corps, elle s’assit au centre de la pièce. Puis, tel un oiseau venant se poser en terrain hostile, mais espérant trouver la denrée rare tant attendue, elle observa chaque recoin de son nouvel environnement, et sans le montrer, chacun des gestes de ce personnage qui l’observait. Lui aussi voyait toute la chorégraphie qui se déroulait devant ses yeux, mais, tout en restant concentré sur le moment de création à venir, il savait très bien que ce rituel se doive d’exister. Il savait aussi tout ce qu’elle pouvait penser. Le combat auquel elle se préparait ainsi que les esquives qu’elle tenterait pour ne pas lui laisser voir ce qu’elle préférait lui cacher. Un bout de son jardin secret, qui pensait-elle, n’avait rien à faire ici et maintenant.
Juste offrir son corps et chacune de ses courbes à cet homme qui l’observait avec plus d’insistance. Le laisser parcourir sa plastique, afin qu’il puisse la retranscrire à sa manière sur quelques centimètres carrés. Etre représentée, reconnaissable. Montrer son enveloppe au monde entier et ainsi approcher l’espoir d’éternité qui se dégage de l’art.
Lui par contre était bien loin de tout cela. Il scrutait son modèle pour le découvrir en profondeur. Ouvrir cette enveloppe et pénétrer dans cette être si mystérieux, car diffèrent de lui. Bien entendu, il s’intéressait à ces volumes qui s’offraient généreusement à lui. Mais, au-delà de ce corps, une énergie se dégageait. Une sorte d’attraction émotionnelle, une alchimie entre extérieur et intérieur. Mais pour en atteindre la formule, il savait que le processus pouvait être long et dangereux, voire douloureux. Maintenant tout dépendrait de sa réaction à elle. Une fois le rêve de beauté dépassé, que serait-elle prête à dévoiler de plus ? Ce fameux jardin secret était bel et bien la clé de voûte de cette rencontre. Une entrée en matière nécessaire pour l’aboutissement de l’œuvre. Alors, comme pour un premier rendez-vous, ils se jaugèrent timidement, lui en questions et elle en réponses évasives. Un survol fragile pour ces deux êtres en quête de vérité, qui comme des enfants débutant un jeu, n’osaient trop s’approcher de peur de blesser ou pire encore, faire fuir ce double qui semblait si différent et si semblable à la fois. Mais, au fil des regards croisés et des coups de fusain vifs et volontaires, petit à petit la séduction commençait à opérer. Il ne se posait plus de questions, mais parvenait à reconnaître ce corps, à l’investir au plus haut point. Il se sentait disparaître en elle, jusqu’à ressentir chacune de ses cellules. Et tout cela ne ressemblait en rien à un plaisir solitaire et égoïste, car elle n’était plus le simple modèle à reproduire, mais devenait une prolongation de sa main, de son bras, pour finir par envahir tout son être. Etrangement, elle le savait, car même si elle avait tenu la pause depuis le début, elle sentait aussi qu’un mouvement la faisait circuler bien au-delà de cette estrade où elle s’était allongée. Une sorte de promenade immatérielle qui lui permettait d’aller beaucoup plus loin qu’elle ne l’ait jamais espérée. La clôture de son fameux jardin secret s’ouvrait sans qu’elle ne le veuille vraiment, mais aussi sans qu’elle ne lui résiste trop. Elle devenait autre chose, quelqu’un d’autre. Comme lui, elle n’était plus exactement cette personne qui existait encore il y a quelques instants.
Chacun avait ainsi découvert une nouvelle forme de vie. Une nouvelle enveloppe corporelle où l’inutile n’avait plus de place. La part manquante vaincue et disparue dans ce partage intemporel. Elle et lui ne faisant plus qu’un sur cette toile presque achevée.

Ecrit par Clemenceart, juillet 16, 2010
Ecrit par Violine, août 30, 2010
Vous avez découvert mon travail comme j'ai découvert le votre, sur Artisho.
J'ai été touchée par votre message, parce que vos oeuvres sont les plus belles rencontres que j'ai pu faire sur cette galerie en ligne.
Vos femmes dégagent beaucoup de chose et ont plein d'histoire à raconter à celui qui veut bien les entendre. Douceur, mélancolie et un grand mystère se cachent derrière leur regard et leur posture.
Sans oublier les couleurs chaleureuses qui les enveloppent,
un vrai bonheur pour les yeux et le coeur.
Je reviendrais voir avec impatience la suite de vos créations,
Très bonne continuation,
Violine

















